QFLP?#05 – Fayçal Cheffou, l’anti-terrorisme et l’homme au chapeau

Fayçal cheffouFayçal Cheffou a été confondu par la police et les médias avec “l’homme au chapeau” de l’attentat de Zaventem. Il raconte l’arbitraire des institutions répressives et l’emballement médiatique à son encontre suite aux attentats de Bruxelles.

Une fois catégorisé comme terroriste, malgré les évidences contraires et le travail d’enquête qu’il a dû mener avec son avocat pour prouver qu’il n’était pas impliqué, il continue à subir le harcèlement policier contre lequel il a porté plainte. Ce récit est découpé en 6 épisodes qui seront mis en ligne au fur et à mesure des mois qui viennent: L’arrestation, L’enquête, Le rôle des médias, La détention, Le harcèlement, Les conséquences sur l’entourage.

1ere partie – L’arrestation.

2nde partie – L’enquête.

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QFLP?#04 – Marche Blanche pour Sabrina & Wassim

BallonCoeurTunnel

Bruxelles, le 09 mai 2017,

Sabrina et Wassim percutent à moto une voiture de police qui se met en travers de leur route à la sortie du tunnel Bailli.

Wassim meurt sur le coup, Sabrina quelques heures plus tard.

 

Les familles ont porté plainte et organisé une marche blanche en leurs noms, qui a rassemblé près d’un millier de personnes. Vous pouvez consulter leur page à cette adresse pour suivre leurs démarches et leurs demandes de soutien.

Voici un aperçu de ce qui s’est dit et partagé ce jour là.

QFLP?#03 – “JusticePourMoad”: 4 ans de combat pour la tenue d’un procès.

moa

En janvier 2013, Moad, 14 ans, est arrêté et agressé par cinq policiers près de la station Beekkant à Molenbeek.

 

Quatre ans plus tard, ce lundi 19 décembre 2016, le juge condamne l’un d’entre eux à 3 mois de prison avec sursis. Les quatre autres sont acquittés.
Le déroulement du procès en dit plus que le jugement quant au fonctionnement de la justice. Ce montage radio, mis en images, en retrace les étapes.

QFLP? JusticePourMoad

MOLENBEEK, LA CONSTRUCTION D’UN TERRITOIRE ENNEMI INTÉRIEUR.

Exceptionnellement nous publions un article, transmis par des habitantes, qui concerne notamment le Plan Canal et ses conséquences.

J’entends encore ma voisine murmurer, complètement sonnée : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce qu’ils sont en train de nous faire ?».

C’est arrivé par vagues. À chaque attentat plus violentes.

Les avis d’experts, les accusations parfois ouvertement racistes de politiciens, mille dossiers, brèves, analyses, émissions et articles aux titres le plus souvent racoleurs et insultants, plusieurs livres même, sur ce morceau de métropole maudit et ceux qui l’habitent. Les moins vindicatifs dressent la liste des causes sociologiques, culturelles, historiques, psychologiques, qui tracent les contours de la désormais « base arrière européenne du djihadisme ». Presque deux ans après la tuerie de Charlie Hebdo, le curseur oscille encore entre repère de monstres ou ghetto de victimes, selon les intérêts.

Voilà le consensus qui a autorisé le lancement en février dernier du « grand nettoyage », dont le ministre de l’Intérieur Jan Jambon allait « personnellement » s’occuper dans « chaque maison », et intitulé Plan Canal. Aucun chiffre officiel n’est fourni mais la presse parle de 5000 contrôles de domiciles (8 % des habitants du quartier), presque 600 radiations, 37 retraits de passeports sur ordre direct de Jambon, et 450 contrôles d’associations dont une petite centaine dissoutes; chiffres1 dont se sont félicités à la fin de l’été la bourgmestre de Molenbeek et le ministre2.

La « base arrière », quant à elle, a répondu par du brainstorming d’institutionnels et d’associations pour redorer l’image du quartier, quelques billets d’humeur, et l’organisation de rassemblements – la plupart pour montrer au monde que Molenbeek est un quartier tranquille remplis de gens bien intentionnés malgré quelques brebis galeuses, d’autres, bien moins fréquentés et médiatisés, pour témoigner des violences policières et du processus de ségrégation raciale.

Pour la plupart d’entre nous, le quotidien change peu, mais la tension est exacerbée par les agressions policières militarisées dans les maisons, la BAB3 qui contrôle régulièrement armes à la main des habitants dans les rues, les milles petites humiliations, les actes islamophobes, les incarcérations préventives à la pelle, les heures de vol statique d’hélicoptères au-dessus de nos têtes, et toutes ces violences qualifiées par les autorités policières « d’incidents isolés ». La peur, la colère et le ressentiment ne font que croître chez ceux qui les subissent, tandis que se naturalise progressivement l’état d’urgence policier.

En guise d’exemples, et selon les témoignages de quelques personnes qui ont surmonté la loi du silence et la crainte des représailles, citons les portes régulièrement défoncées, un père battu jusqu’à l’inconscience avec son bébé dans les bras, une famille entière arrêtée « par erreur » les armes sur les tempes, des garçons sur le mauvais trottoir au mauvais moment frappés à coups de crosses de fusils d’assaut, des personnes mises préventivement en isolement 23h/24h pendant presque un an4.

Le 19 septembre dernier, un immeuble occupé, emblématique du mouvement des sans-papiers à Bruxelles, s’est fait expulser. 200 policiers, une dizaine de chiens, une vingtaine de combis, un hélicoptère débarquant un escadron cagoulé sur le toit, une section des forces spéciales, étaient dépêchés sans mandat pour expulser les 12 personnes _ portes-parole du mouvement _ restées à l’intérieur malgré l’avis d’expulsion5. Il n’est plus étonnant de voir débarquer un convoi qui s’arrête en pleine rue dans un crissement de pneus, se met à braquer des passants au semi-automatique, embarque quelqu’un et disparaît. D’où le surnom de «cow-boys» pour les agents du Plan Canal, qui font de plus en plus ouvertement figure de force d’occupation.

Soudain confrontés de près à des événements meurtriers, spectaculaires et complexes, où quiconque semble pouvoir se transformer en bombe humaine, ils agitent la figure de l’ennemi intérieur islamique avec une vigueur redoublée et réagissent de manière simpliste, violente et spectaculaire. Cette menace est construite à la fois comme diffuse et permanente, justifiant un nouvel arsenal sécuritaire, mais aussi circonscrite dans un territoire, celui du bas Molenbeek, où ils expérimentent des méthodes répressives exceptionnelles en vue de les étendre à d’autres zones. Sous couvert d’anti-terrorisme, les autorités judiciaires et policières ont toute latitude pour mener une politique d’isolement, d’intimidation, et d’accroissement du contrôle.

L’organisation structurelle du racisme n’est pas récente, mais le climat de suspicion général à l’égard des musulmans, suscité par la presse, a commencé dans les années 80, s’est infiltré dans la majorité des institutions, jusque dans les têtes de juges, d’enseignants et d’assistants sociaux, et s’est généralisé après 2001. Il a permis de prendre des mesures et des lois d’exception ouvertement racistes – de l’interdiction du voile dans l’enseignement jusqu’à la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux condamnés pour terrorisme6 – sans que cela ne fasse de vagues.

Certaines de ces mesures touchent spécifiquement le fameux « croissant pauvre » bruxellois – c’est à dire les quartiers où vivent la plupart des descendants d’immigrés – et apparaissent après les trois jours d’émeutes de mai 1991 : l’État belge lance les contrats de sécurité et de prévention, qui absorberont petit à petit toute la politique concernant la jeunesse de ces quartiers, traitée comme des criminels en puissance7. C’est l’époque où on achète la paix sociale en distribuant des ballons de foot et des tickets de cinéma. C’est aussi dans ce cadre qu’augmente la présence policière et les contrôles au faciès ; ces mêmes contrôles, précisément, qui avaient déclenché les émeutes de 91…

      LE LABORATOIRE & LE ZOO

20 ans plus tard naît le plan Belfi, lancé en 2014 par le procureur général de Bruxelles, Johan Delmulle, afin de « lutter contre le radicalisme » en ciblant les associations « proches des filières djihadistes ». Après plusieurs opérations rhétoriques associant la délinquance au terrorisme et l’islam conservateur au radicalisme, la sanction de toute infraction – même simplement urbanistique – a pu passer pour du « nettoyage de filière djihadiste » : fraudes sociales, non-respect de la législation sur les ASBL ou le cadastre, séjour illégal, irrégularités dans les statuts de chômeurs ou de travailleurs, ou dans les contrats de travail… voilà ce qui constitue désormais à Molenbeek un « lien avec le milieu radical » et qui a permis de fermer des cafés, des commerces, des clubs de sport, trois mosquées et une école.8 Si la fermeture de la mosquée Loqman9 semble logique et tardive de l’avis de beaucoup d’habitants, ce n’est pas le cas pour la majorité des lieux visés.

Et la bourgmestre de la commune de se justifier : “On a beaucoup d’ASBL qui servent de paravents. L’une d’entre elles a une vocation sportive mais n’est qu’un salon de thé par exemple”. Dans un quartier où la situation précaire de la majorité des habitants implique pour certains de contourner quelques règles pour assurer sa survie, ce genre d’amalgame et de sanction systématique passe pour du harcèlement.

En 2015, un arsenal de 30 nouvelles mesures10 a été proposé et en grande partie adopté dans le cadre de la lutte anti-terroriste et des 740 millions d’euros alloués à la sécurité et à la Défense belge. Il y aurait beaucoup à en dire et plusieurs articles d’associations militant pour les droits de l’homme en ont fait une critique détaillée11. Globalement ces mesures ont facilité l’installation d’un état d’urgence policier, accéléré et amplifié le contrôle, l’intimidation et la discrimination, et ont permis de punir, d’enfermer et d’expulser en se passant régulièrement du pouvoir judiciaire.

En 2016, le Plan Canal s’est superposé au plan Belfi, avec les conséquences et les tensions quotidiennes évoquées en début d’article. Des accords avec le Maroc ont convenu de l’envoi de dizaines de policiers du renseignement marocain dans notre commune. Les enquêtes de voisinage sont systématisées à chaque fois qu’un nouvel habitant arrive. Des policiers admettaient dans une vidéo que cette mesure permettait surtout de relever un maximum d’information sur les occupants en pénétrant dans les maisons et de pouvoir arrêter des personnes sans papiers présentes dans un immeuble. La plupart du temps les habitants en situation irrégulière sont envoyés en camps de rétention – appelés « centres fermés » – ou embarqués en charter vers le pays de leur nationalité. La clôture de la « phase 1 » du plan Canal a permis de lancer la « phase 2 » qui signifie son extension sur six autres communes de Bruxelles…

Entre-temps, les visites guidées du quartier pour touristes sont passées de sept en 2014 à une soixantaine cette année, avec des parcours sur-mesure pour flamands lancés juste après la vaste campagne de diffamation du quartier et intitulés « Is dit Molenbeek ». Pour la somme de 190€, pourquoi pas aller s’encanailler de l’autre côté du canal et se laisser peut-être tenter par les nouveaux lofts construits sur les berges ? On avait déjà connu les contrats de quartier qui avaient financé l’installation de parcours touristiques dans la commune, inédits à Bruxelles. On avait aussi encaissé les « safaris urbains » organisés par l’administration flamande pour rassurer ses fonctionnaires quant au futur déménagement de leurs bureaux. En terme d’effet zoo, le plus dévastateur a sans aucun doute été la présence massive et provocatrice des journalistes : Washington Post, El Pais, NY Times, Egypt Independent, l’ensemble des médias belges, The Gardian, Le Figaro, et tant d’autres, aux camions-satellites occupant nos places, aux équipes arpentant nos rues en filmant à tout-va, interpellant les passants avec des questions biaisées et accusatrices, les poussant à aller dans leur sens ou à se justifier, tous à l’unisson pour afficher leurs gros titres vengeurs.

C’est une guerre de basse intensité qui est menée, à coups de propagande, d’opérations urbanistiques, de gentrification et de commandos policiers.

      LE CHANTAGE MORAL

Ce consensus médiatique n’étonne pas grand monde. Ils avaient depuis longtemps préparé le terrain, déversant ad nauseam des insinuations et de la rhétorique islamophobe, relayant à flux tendu le chantage moral qui consiste à instrumentaliser la tragédie pour justifier l’arbitraire et disqualifier ceux qui s’y opposent, suscitant une empathie à géométrie variable selon le contexte géopolitique. Tous leurs efforts ne nous feront pourtant jamais oublier l’exploitation des travailleurs immigrés dans les mines, ni l’ignoble génocide congolais, ni l’assassinat de Lumumba commis par l’État belge, ni sa participation militaire à une coalition internationale qui a tué plus de 1600 civils en Syrie et en Irak, ni le fait qu’il est aujourd’hui le premier exportateur européen d’armes au Proche-Orient12. Ces morts et ces souffrances, parmi tant d’autres, sont gravés au fer rouge dans nos mémoires.

Parfois l’hypocrisie se fait plus grossière : hier l’État belge envoyait des jeunes en Syrie par le biais d’un informateur travaillant pour la police fédérale et leur payait le billet13, aujourd’hui il leur retire le passeport et nous donne des leçons. Voici le genre de brèves de JT que l’on s’invente sur les réseaux sociaux pour en rire plutôt qu’en pleurer : De l’autre côté de la capitale, de véritables ghettos communautaristes issus de culture judéo-chrétienne se sont développés dans les quartiers riches de l’est et le quartier européen, où de nombreux groupuscules d’extrémistes ultra-libéraux agissent dans l’ombre. De véritables filières alimentent le terrorisme à l’échelle internationale : rabatteurs et prédicateurs infiltrant les hautes-écoles, bailleurs de fonds et trafiquants d’armes conspirant dans de sombres cercles et clubs d’intérêt. Dans ces ghettos-là, il n’est pas question de travailler à la « mixité sociale » ou au « vivre ensemble », et les délinquants en col blanc agissent en toute impunité.

Pendant des décennies, la plupart des formes de résistance et d’organisation politique des descendants d’immigrés ont été empêchées, confinées dans la criminalité ou l’associatif socio-culturel, neutralisées par la propagande sur le « problème d’intégration » ou violemment réprimées dans l’indifférence quasi-générale. De même, presque toute la gauche a historiquement fait passer au 3e plan leurs revendications tout en essayant de les rallier à ses propres causes. Ces formes de perpétuation de la politique coloniale, dans un contexte d’intense production de crispations identitaires, ne peuvent que susciter des retours de flamme de plus en plus violents.

Pris entre les clameurs de Ferguson et les sirènes syriennes, entre le dégoût de la politique classique et le sentiment d’impuissance qui se font toujours plus profonds, les gouvernants désignent comme terroristes en puissance toute une population déjà sous pression, tout un quartier déjà stigmatisé, pour se donner de nouveaux moyens de contenir ce qui ne cesse de déborder. Les marges de manœuvre pour combattre une telle logique et nous ressaisir de la situation se font de plus en plus étroites. Il nous semble urgent que les personnes qui ne sont pour le moment pas directement touchées par ces opérations se joignent à nos tentatives de résistance, avant que ce traitement d’exception les cible à leur tour.

Nous appelons à soutenir ceux qui sont décidés à porter plainte contre l’État et sa police – malgré les habituels non-lieux et relaxes – mais aussi ceux qui ont été inculpés, sont incarcérés et subissent des mesures d’exception sans aucune preuve tangible de leur implication dans un attentat ou dans des crimes de guerres ; à constituer ou rejoindre des comités de défense ; et à laisser la parole aux principaux concernés.

Des Molenbeekoises

Le 13 novembre 2016

2 Jambon est membre d’un parti nationaliste flamand dont les membres ont comme slogan favori « België barst ! » (Que la Belgique crève!)

3 Brigade Anti-Banditisme

08SEPT2016 “Expulsion – Appel des occupants”

sanspapkidstam

Ceci est un appel.

Les 200 occupants du bâtiment blvd Léopold II appellent les Molenbeekois à venir les rejoindre ce jeudi 15/09.

Ils comptent s’opposer à l’expulsion ordonnée par la bourgmestre de la commune et ont besoin de monde pour venir les soutenir.

 

Présence lors de la manifestation du 08 octobre où les personnes occupantes et en attente de papiers se sont rendues à la maison communale dans une ambiance percusive.

ZAPPING 08/09/16

02sept2016 “Burkini Bla Bla BXL”

2sept2016_RassemblementCSinterdictionBurkiniBXLUn vent mauvais souffle du sud. Le rassemblement de ce vendredi était destiné à contrer les proportions délirantes des mesures prises à l’égard des femmes musulmanes, à combattre l’intensification de la ségrégation, et à manifester notre solidarité avec les personnes qui en sont les cibles.

 

“Que ce soit avec un burkini ou un bikini, pour moi c’est la même chose”

“Je met sur le même plan Daesh et l’extrême droite française, pour moi ils ont le même objectif: essayer tout doucement de créer une guerre civile”

“On est là parce que je peux pas aller à la plage avec ma maman.”

ZAPPING 02SEPT2016:

Le texte d’introduction au rassemblement n’a pas pu être intégré au montage pour des raisons techniques mais vous le trouverez ici dans son intégralité. En voici un extrait:

“On reparle aujourd’hui en France de la peine de mort, de prisons à la Guantanamo, d’un Patriot Act à l’américaine et l’épisode burkini n’est pas une diversion mais bien une préparation systématique de la population à accepter l’inacceptable.”

DeQuelDjihad?#01 – Traitement d’exception.

SamiraLaakel

  –

   Nora est partie en Syrie en mai 2013, elle avait 18 ans. Son cas et le récit de Samira, sa mère, ont été largement publicisés.

Mais les comportements des autorités, de la police et des médias; la solidarité entre parents et leurs combats pour contrer de nouveaux départs; tout cela a été peu abordé jusqu’ici.

Il fallait y remédier. C’est chose faite.

 

 

Première partie: Où Samira raconte le départ de sa fille et ses démarches auprès des autorités.

TraitementD’exception, part. 1

 

Seconde partie: Où Samira raconte les nombreuses perquisitions dont elle et sa famille ont fait l’objet.

TraitementD’exception, part. 2

 

Troisième partie: Où Samira parle du fonctionnement sectaire des réseaux de recrutement et ce que sa fille subit en Syrie.

TraitementD’exception, part. 3

 

Quatrième partie: Où Samira témoigne du traitement médiatique obscène qui a entouré le départ de sa fille.

TraitementD’exception, part. 4

 

Cinquième partie: Où Samira parle de son combat avec d’autres parents au sein d’une association et de son opinion sur les motivations et le contexte des départs de jeunes belges.

TraitementD’exception, part. 5

 

Sixième partie: Où Samira parle du traitement d’exception dont elle et ses enfants font encore l’objet, et de son sentiment après les attentats de Bruxelles.

TraitementD’exception, part. 6

Nov15 > Mars16 – Molenbeek dans la place

ControlePlaceCommunale.

La diabolisation continue, avec son ambiance irrespirable et son lot d’agressions racistes.

Quelles solidarités?

 

 

Le 02/12 dernier se tenait un rassemblement à Molenbeek suite aux attentats de Paris à l’initiative d’un comité de parents. Appelant à la solidarité contre la répression, il avait fait l’objet d’une publication sur ce blog. Voici le complément des témoignages d’habitants du quartier et de personnes venues en soutien. Ces paroles auraient pu être prononcées aujourd’hui.

TEMOIGNAGE:

EXTRAITS

En tant que musulmanes nous sommes stigmatisées 100% non-stop. […] Je faisais mes courses et un homme me suivait dans les rayons jusqu’a un moment où il m’a arraché mon foulard de ma tête. Donc ce n’est pas normal qu’on subisse ce genre de choses.

Y’en a marre aussi que à Beekant, Osseghem, Gare de l’Ouest, c’est toujours non-stop la police qui vous regarde de travers même quant on traverse, ils provoquent à 100%. Ils sont pas là pour la sécurité de nos jeunes, ils sont là pour les provoquer et pour que justement ça parte en cacahuète. Qui sème la misère récolte la colère.

Quand on mène la guerre partout dans le monde, à un certain moment il y aura un retour ici, et c’est inévitable, on l’a vu dans toutes les guerres. […] Quant il y a l’étiquette terrorisme qui vous est collé sur le front vous n’avez plus rien à dire parce que “il doit y avoir quelque-chose”. […] Dans la lutte contre le terrorisme on se croit tout permis, on peut faire n’importe quoi

A cause de l’islamophobie je me suis renfermée, je sors plus de la maison. Je déteste que les autres me regardent comme si j’étais un assassin.

Allah&Moi#01 – Des amis, du café et des diabolos menthe.

Enfant-mosquee-strasbourg-1“-Moi j’vais dire complètement autre chose que Nordine ou que Khalid parce qu’on a trois histoires différentes.
-Ben oui, justement!
-Alors moi quant j’me suis converti…”

 

Première partie: Guerre des Pré-Jugés. “La Belgique m’aurait traité comme un bon belge, […] aujourd’hui j’en aurai rien à foutre de l’islam ou même du Maroc.

Depuis le 11 septembre on dit trop des conneries, des trucs tellement grave sur l’islam qu’on s’est dit attends c’est pas possible quant même! On s’est mit à se renseigner.
Y’a un hadith qui dit: si Dieu avait voulu créer les hommes comme les anges il l’aurait fait. Chez les musulmans il y a plus de tolérance vis à vis d’eux-même que chez les chrétiens.

TEMOIGNAGE – part.1

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Seconde partie: Conversions! “Même tous ceux qui sont nés ici, en gros on a fait une sorte de conversion.

J’ai lu la Bible: bof; j’ai lu le Coran: bof aussi. La vérité déjà je connais pas le Coran mais la traduction en français. c’est pas un bouquin à lire en premier parce que tu comprends pas. Il faut des connaissances historiques de la vie du Prophète.
[A ma conversion à la Grande Mosquée] ils donnaient à l’époque des livres hyper salafistes genre des savants d’Arabie Saoudite. Je les ai même jamais lus.
L’islam je trouve c’est une religion très laïque. Laïc dans le bon sens… c’est un terme qu’ils nous ont volé.

TEMOIGNAGE – part.2

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Troisième partie: Courants de l’islam? “En gros y’a pas de conflit sunnite-chiite à Bruxelles à part celui que les spécialistes de l’islam d’RTL-TVI nous impose. C’est le moindre de mes soucis sincèrement.

Faut pas confondre les salafistes et le salafisme-djihadiste. Ca n’a rien à voir.
On dit “chiites” ou “sunnites” déjà c’est plus compliqué que ça. C’est pas des blocs monolithiques.
Y’a des potes dans le quartier c’est des chiites. C’est des frères.
Et après c’est quant on parle politique, des pensées religieuses s’y mélange mais ce sont surtout des divergences politiques plus que religieuses.

TEMOIGNAGE – part.3

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Quatrième partie: Esprit de l’islam? “Pour moi l’esprit de la règle c’est féministe! Clairement. Et abolitionniste.

J’ai beaucoup voyagé, y’a des musulmans partout. Quant tu rencontres un musulman, y’a un rapport tout de suite fraternel.
Le message de l’islam s’est fait dans un contexte donné, après moi ce que je retiens c’est l’esprit.
Le premier converti de l’islam c’est une femme. C’est Khadija, une femme atypique, célibataire. Aïcha la dernière épouse du prophète, elle donnait des cours, montait à cheval. Marie, la mère de Jésus est cité plus de fois dans le Coran que dans la Bible.

TEMOGNAGE – part.4

 

Avec les voix de Bilal, Nordine et Khalid.
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QFLP#02 – Faycal Chaaban, 1981-2006.

FaycalFaycal Chaaban avait 25 ans quant on l’a retrouvé mort, attaché dans une cellule d’isolement à la prison de Forest.

Le frère et le beau-frère de Faycal racontent ici les détails de l’affaire et font part du ressenti de la famille.

Deux jours après ce témoignage, le vendredi 26 février 2016, avait lieu le rendu du procès en appel, qui prononçait l’acquittement des personnes mises en cause dans le décès de Faycal.

“Ce qu’on aimerait c’est vraiment qu’on traite les gens en prison comme les gens dans la vie de tous les jours. Ca reste des êtres humains faut pas déshumaniser la personne ou moins respecter son intégrité parce qu’elle est en prison. Ca fait 10 ans qu’on attend qu’il puisse “mourir en paix”, que justice soit faite pour que ça se reproduise plus.”

TEMOIGNAGE:

“Ca fait quant même 10 ans que ça traine, étant donné que c’est un dossier qui touche aussi l’Etat, faut pas se mentir c’est en rapport avec les prisons et les médecins qui travaillent dans les prisons, etc.. donc c’est toujours des dossiers qui sont un peu chauds à traiter.”

“Jusqu’à preuves du contraire de multiples injections d’Haldol [neuroleptique] ont été faite et il en est décédé. […] Ils n’ont ni consulté le dossier médical, ni prise de pouls, rien. Ils ont injecté ça comme si c’était du bétail. Aucun des deux médecins ne remplissait le dossier médical à chaque fois qu’ils faisaient une injection, ce qu’il fait que les autres recommençaient sans suivi.”

“Il était attaché les trois membres, sur son ventre, pendant plusieurs heures. Il n’a ni mangé ni bu pendant le ramadan et les médecins n’ont rien fait concrètement pour lui porter assistance.”

Avec les voix de Mohamed Chaaban et Karim al Hanifi.
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